jeudi 20 novembre 2008
L’auteur d’une offre d’achat peut-il librement la révoquer ?
Par Acd Immobilier, jeudi 20 novembre 2008 à 15:41 :: Les documents spécifiques à la vente d'une maison
En principe, l’auteur d’une offre peut librement la révoquer tant que son acceptation n’est pas intervenue. Toutefois, lorsqu’une offre est faite à une personne déterminée, la jurisprudence exige son maintien durant le délai stipulé sur l’offre(1) ou durant un délai raisonnable à défaut de stipulation sur ce point.
C’est ce que rappelle la Cour de cassation dans un arrêt en date du 7 mai 2008(2).
Dans cette affaire, une offre d’achat avec remise de « dépôt de garantie » a été signée par l’intermédiaire d’un agent immobilier le 24 juin 2000, assortie d’un délai de validité expirant le 27 juin 2000. Elle a ensuite été retirée par son auteur, par courrier recommandé en date du 26 juin 2000. Les vendeurs, par l’intermédiaire de l’agent immobilier, ont quant à eux notifié leur acceptation par un courrier recommandé avec demande d'avis de réception en date du 27 juin 2000. L’auteur de l’offre d’achat a assigné les vendeurs en restitution de la somme versée et en paiement de dommages et intérêts.
La cour d’appel a retenu la validité de la rétractation de l’offre d’achat en raison du fait qu’elle était intervenue avant l’acceptation par les vendeurs.
La Cour de cassation casse et annule cet arrêt, rappelant que « si une offre d’achat ou de vente peut en principe être rétractée tant qu’elle n’a pas été acceptée, il en est autrement au cas où celui de qui elle émane s’est engagé à ne pas la retirer avant une certaine époque ». Ainsi, une offre d’achat assortie d’un délai est irrévocable tant que ce délai n’est pas parvenu à son terme. Si l’offrant la révoque dans le délai de validité, il doit réparation (dommages et intérêts) au bénéficiaire sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour inexécution d’une obligation de faire (maintenir son offre).
Précisons que les faits soumis à la Cour suprême avaient eu lieu avant le 1er juin 2001, date d’entrée en vigueur de l’article 1589-1 du Code civil créé par la loi solidarité et renouvellement urbains du 13 décembre 2000, dite loi « SRU ».
Or, depuis cette date, aucun versement ne peut plus être exigé lors de la signature d’une offre d’achat, quelles que soient la qualité de l’acquéreur et la nature de l’immeuble objet de l’offre.
C’est la raison pour laquelle, notamment, la pratique de l’offre d’achat a été quasiment abandonnée pour lui préférer celle de la simple lettre d’intention d’achat. Cette lettre d’intention est un document à vocation essentiellement commerciale qui ne comporte pas de durée de validité et n’a pas à être acceptée par le vendeur car elle ne crée pas de lien contractuel entre les parties.
(1) Cass.1ère civ. 17 décembre 1958, Bull. civ. I, n° 579. (2) Cass. 3ème civ. 7 mai 2008, n° 07-11.690.